Face aux incertitudes économiques, la tentation est de céder à la peur ou de ne penser qu’à soi. Pourtant, les avertissements des sentinelles que Dieu place dans Son Église proposent une autre approche : se préparer concrètement, renforcer les liens entre chrétiens et ne pas oublier les plus fragiles. Trois principes ressortent de leurs messages : se réunir en petits groupes soudés, prendre soin des pauvres et constituer des provisions pour faire face aux premières semaines d’une crise.
Se réunir en petits groupes soudés
En période de crise, l’isolement devient rapidement une faiblesse. Il est nécessaire de créer dès maintenant un maillage de petits groupes de personnes réellement unies, capables de se soutenir matériellement et spirituellement. Il ne s’agit pas nécessairement de grandes structures. Quelques familles, amis ou membres d’une église peuvent apprendre à se connaître, à prier ensemble, à partager leurs compétences et à s’entraider concrètement.
Une crise prolongée pourrait rendre précieux ce type de solidarité : partager de la nourriture, aider une famille en difficulté, trouver du travail, garder les enfants ou simplement pouvoir compter sur quelqu’un. L’objectif n’est pas de vivre dans la peur, mais de reconstruire une communauté capable de tenir lorsque les structures habituelles deviennent fragiles.
Avoir soin des pauvres
Le deuxième principe est peut-être le plus profondément chrétien : ne pas préparer uniquement sa propre survie. Le bon sens biblique nous met en garde contre une préparation centrée exclusivement sur notre famille et nos propres possessions. Dans une période difficile, ceux qui disposent de ressources ont aussi une responsabilité envers ceux qui n’en ont pas.
La Bible place régulièrement le pauvre, la veuve, l’orphelin et l’étranger au cœur de la responsabilité du peuple de Dieu. Une communauté chrétienne véritable ne devrait donc pas attendre que la catastrophe arrive pour découvrir la solidarité. Avoir soin des pauvres peut prendre des formes très simples : partager de la nourriture, aider financièrement une famille, donner du temps, accueillir quelqu’un ou mettre ses compétences au service des autres. Préparer l’avenir, ce n’est donc pas seulement remplir ses placards : c’est aussi apprendre à partager.
Faire des provisions pour 30 jours
David Wilkerson était un prédicateur américain bien connu, auteur d’un ouvrage éminament prophétique intitulé “La Vision” (1973). Peu avant sa mort brutale, cet homme qui insistait toujours sur la foi inconditionnelle en un Dieu qui pourvoit avait pourtant donné un conseil très concret en mars 2009 — conseil que nos grand-mères connaissaient déjà : prévoir environ trente jours de nourriture, de produits d’hygiène et de première nécessité et renouveler constamment cette réserve.
Son raisonnement était simple : lorsqu’un événement majeur survient, les magasins peuvent être rapidement vidés et les chaînes d’approvisionnement perturbées. Quelques semaines d’autonomie peuvent alors éviter la panique et permettre de traverser la période initiale plus sereinement. Cette recommandation ne signifie pas qu’il faille vivre dans l’obsession d’une catastrophe imminente. Elle relève plutôt d’une prudence élémentaire : disposer d’eau, de nourriture courante, de produits d’hygiène, de médicaments usuels et de quelques moyens pratiques pour faire face à une interruption temporaire des approvisionnements. Mais Wilkerson associait cette préparation matérielle à une préparation spirituelle : faire confiance à Dieu plutôt que vivre dans la peur. C’est d’ailleurs ce que le monde retiendra de son tout dernier sermon.


