Le ministère de Kathryn Krick suscite aujourd’hui des réactions très contrastées. Pour certains, elle est une évangéliste puissamment utilisée par Dieu dans le domaine de la délivrance. Pour d’autres, son ministère présente des caractéristiques préoccupantes. Face à cette situation, le chrétien est appelé à éviter deux écueils : la crédulité aveugle et la condamnation précipitée.
Les faits établis
Kathryn Krick est la fondatrice de Five-Fold Church (5F Church), en Californie. Son ministère s’est développé rapidement grâce à des campagnes publiques de guérison et de délivrance, diffusées massivement sur les réseaux sociaux.
Elle reconnaît publiquement le prophète tanzanien GeorDavie comme son père spirituel. Des vidéos authentiques montrent Kathryn Krick et plusieurs collaboratrices en Tanzanie exprimant publiquement leur honneur et leur reconnaissance envers lui. Certaines de ses déclarations de l’époque ont ensuite été reconnues par elle-même comme étant maladroites ou excessives.
Son ministère affirme voir régulièrement des guérisons, des délivrances et des conversions. Ces témoignages existent réellement.
Les allégations et les controverses
Depuis plusieurs années, plusieurs anciens collaborateurs et anciennes collaboratrices ont quitté le ministère en exprimant des inquiétudes concernant son fonctionnement interne.
Par ailleurs, GeorDavie fait l’objet d’allégations d’abus spirituels et d’abus sexuels formulées par plusieurs femmes. Des journalistes affirment avoir consulté des messages électroniques, des échanges WhatsApp et d’autres éléments fournis par certaines plaignantes. À ce jour, ces accusations sont sérieuses, mais elles ne peuvent être présentées comme des faits définitivement établis en l’absence d’une décision judiciaire ou d’une confirmation indépendante complète.
Kathryn Krick est également critiquée pour la place importante accordée à son mentor et pour une culture du ministère que certains anciens membres décrivent comme favorisant une forte loyauté envers la direction. Son ministère rejette ces accusations, malgré des déclarations troublantes telles que celle-ci : « C’est l’un des grands secrets de mon onction : la manière dont je l’ai vue grandir, demeurer en moi, puis augmenter encore et encore, c’est en appliquant ce principe : rester connectée à la source auprès de laquelle j’ai reçu. Je suis restée, sans aucune honte, connecté à mon père spirituel. »
Ce que dit la Bible
L’Écriture demande d’exercer un discernement constant. « Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu. » (1 Jean 4.1)
Jésus lui-même avertit que de faux prophètes accompliraient parfois des œuvres impressionnantes. « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? […] Alors je leur dirai : Je ne vous ai jamais connus. » (Matthieu 7.22-23)
Paul demande également que les responsables chrétiens soient irréprochables (1 Timothée 3) et que toute accusation soit examinée sérieusement, avec justice (1 Timothée 5.19-21).
La Bible enseigne donc deux principes simultanément : ne pas condamner sans preuve, mais ne pas fermer les yeux devant des signaux d’alerte.
Ce que disent de nombreux ministères
Les réactions sont très diverses. Certains responsables pentecôtistes et charismatiques soutiennent Kathryn Krick et considèrent que les critiques proviennent principalement de personnes hostiles au ministère de délivrance.
D’autres responsables, y compris au sein du monde charismatique, expriment des réserves concernant la personnalisation du ministère, la place accordée au « père spirituel », certaines pratiques de délivrance publiques et le manque apparent de redevabilité extérieure.
Enfin, plusieurs spécialistes des dérives sectaires appellent à la prudence, estimant que certains mécanismes observés ressemblent à ceux rencontrés dans des groupes présentant un fonctionnement sectaire. Ces analyses sont contestées par les soutiens de Kathryn Krick.
Il n’existe donc aujourd’hui aucun consensus dans le monde évangélique.
Quelle attitude devrait adopter un chrétien équilibré ?
Le chrétien n’a pas besoin de choisir entre l’admiration inconditionnelle et le rejet systématique. Il est sage :
- de vérifier les enseignements à la lumière des Écritures (Actes 17.11) ;
- de ne pas construire sa foi autour d’une personnalité, aussi influente soit-elle ;
- de rester prudent lorsqu’un ministère devient fortement centré sur une personne ou sur une onction particulière ;
- d’écouter avec respect les personnes qui témoignent d’éventuels abus, sans pour autant considérer chaque accusation comme automatiquement démontrée ;
- de se rappeler que les dons spirituels ne constituent jamais, à eux seuls, une preuve du caractère ou de l’approbation de Dieu.
Le Nouveau Testament rappelle que le véritable ministère chrétien se reconnaît autant par son caractère que par ses dons, autant par son humilité que par sa puissance, autant par sa fidélité à Christ que par les manifestations qui l’accompagnent.
Conclusion
Kathryn Krick demeure aujourd’hui une figure influente mais profondément controversée. Les fruits rapportés par son ministère existent, mais des interrogations sérieuses demeurent concernant son entourage, sa gouvernance et certaines de ses relations ministérielles.
Dans une telle situation, la meilleure attitude n’est ni l’enthousiasme aveugle ni la condamnation hâtive, mais le discernement biblique, la recherche honnête de la vérité, la prière et l’attachement constant à Jésus-Christ plutôt qu’à une personnalité, quelle qu’elle soit.

