Je me suis intéressé à la doctrine de GeorDavie, souvent présenté comme le « père spirituel » de Kathryn Krick. Sa déclaration de foi contient de nombreux éléments classiques du christianisme évangélique : Trinité, divinité de Jésus-Christ, salut par grâce, Saint-Esprit, baptême, dons spirituels, guérisons et miracles.
Mais plusieurs points de la Confession de foi du prophète ghanéen méritent une réelle vigilance biblique :
1. « Dieu n’est pas limité par ce qui est écrit dans la Bible »
Cette formulation est probablement l’un des points les plus préoccupants. Dieu n’est évidemment pas limité dans ce qu’il peut faire. Mais nous sommes, nous, limités par ce que l’Écriture nous autorise à enseigner comme venant de Dieu. Si des révélations nouvelles peuvent échapper au contrôle de l’Écriture, le risque de dérive est considérable.
2. Les « sept Esprits de Dieu »
GeorDavie affirme croire aux « sept Esprits de Dieu », en s’appuyant notamment sur Ésaïe 11.2 et l’Apocalypse. Cette expression peut être comprise comme une représentation symbolique de la plénitude du Saint-Esprit ; il serait donc excessif d’affirmer qu’il enseigne nécessairement l’existence de sept esprits distincts. Mais c’est un point qui mérite d’être examiné dans ses enseignements.
3. « Prendre domination », succès, abondance et grandeur
La déclaration parle de « prendre domination » et de passer de l’échec au succès, de la pauvreté à l’abondance et de la médiocrité à la grandeur. Le danger est de faire glisser le Royaume de Dieu vers une théologie de réussite et de domination, alors que Jésus place au centre le renoncement à soi-même, la croix et le service.
4. « We gain by giving »
Donner est évidemment biblique. Mais lorsque le don devient une logique de « semence » destinée à produire un retour, on peut rapidement tomber dans une théologie de prospérité : je donne afin de recevoir davantage. Or la générosité chrétienne n’est pas un mécanisme permettant d’obtenir une récompense matérielle.
5. L’onction et l’impartation : un point particulièrement important avec Kathryn Krick
C’est ici que la doctrine de GeorDavie devient particulièrement intéressante pour comprendre le ministère de Kathryn Krick. GeorDavie présente Kathryn comme sa « fille spirituelle » et explique lui avoir transmis une « onction » ou un « manteau » spirituel. Kathryn Krick parle elle-même de GeorDavie comme de son « père spirituel » et de ce qu’elle a reçu à travers son ministère.
La question n’est donc plus simplement : « croit-il aux miracles ? » Elle devient : quelle autorité spirituelle un homme peut-il transmettre à un autre ?
Dans le Nouveau Testament, on trouve bien l’imposition des mains, la reconnaissance des ministères, la formation des disciples et le mentorat. Mais l’idée d’un « manteau » ou d’une onction particulière transmis par un père spirituel et venant fonder le ministère de son disciple mérite d’être examinée avec beaucoup de prudence.
6. Le « père spirituel » et la chaîne d’autorité
Avoir un mentor n’est pas un problème. Le danger apparaît lorsqu’une relation de mentorat devient une chaîne d’autorité : un homme reçoit une onction particulière, la transmet à un autre, qui devient à son tour dépositaire d’une autorité particulière.
Dans le cas de Kathryn Krick, cette question est d’autant plus importante que son ministère repose fortement sur les notions d’onction, de délivrance, d’impartation et d’autorité spirituelle.
Cela ne permet pas, à lui seul, de conclure que tout son ministère est faux. Mais cela justifie une vigilance particulière : une expérience spirituelle, même spectaculaire, ne peut jamais devenir supérieure à l’Écriture.
Paul nous donne le bon critère :
« Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. » (1 Thessaloniciens 5.21)
En résumé
Tout n’est évidemment pas problématique dans la déclaration de foi de GeorDavie. Mais l’ensemble mérite d’être examiné : révélation, onction, impartation, père spirituel et transmission d’autorité.
La question fondamentale reste donc celle-ci : sommes-nous conduits vers Christ et sa Parole, ou vers une dépendance à un homme, à son onction et à son autorité ?
« Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. » 1 Timothée 2.5

